E-FISE - Retour sur les qualifications avec Orane Florinda

A l'issue de cette première phase qualificative de l'E-FISE, Orane Florinda, licenciée au club Parkour 13 et deuxième française qualifiée pour la finale, se livre sur ses impressions :

Quel a été ton sentiment à l’annonce de ces résultats ? Es-tu contente ?
On attendait les résultats depuis un moment donc je suis très contente.
 
Comment as-tu préparé cette compétition ?
Je n'ai pas eu beaucoup de temps pour m'entraîner pour ce format qui était assez différent car chacun devait trouver un "spot" pour filmer son run contrairement aux compétitions normales où la structure est présente. On a dû attendre d'avoir le "start sign" qui est arrivé tardivement afin de pouvoir filmer notre ligne et qu'elle soit conforme aux réglementations. 
Ce nouveau format a été assez stressant comme première épreuve, sachant qu’on était un peu seuls à se filmer chacun dans notre coin. Je voulais faire quelque chose dont j’étais fière et le fait que ce soit 30 secondes, ce n’est pas habituel pour nous. On a l’habitude de faire de runs de 15/20 secondes, voire même moins. 30 secondes, ça devient vraiment cardio pour nous en fait. On sort de notre zone de confort. C'était la première fois que je faisais un run aussi long.
 
Espérais-tu obtenir ta qualification ?
Honnêtement, je ne m’attends jamais à être qualifiée. Je me prépare toujours au pire afin que si quelque chose de positif arrive, je sois contente. Comme je savais que 50% de la note provenaient des votes et que j’étais bien placée, je me suis dit qu’il y avait peut-être une chance. Mais il restait encore 50% de la part des juges, donc je ne savais vraiment pas. J’étais dans l’attente.
 
T’attendais-tu à la note attribuée par les jurys ?
Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. C’était la première fois qu’autant de filles participaient. C’est un format nouveau, en ligne. Je n’étais pas sûre du tout de comment j’allais être notée. Je savais qu’il y avait pas mal de filles qui bougeaient bien et qui entraient en tant que nouvelles candidates. Franchement, je me disais que c’était bien si je pouvais être dans la première moitié, soit dans les douze premières. Je suis arrivée 14ème.
 
Dans quel état d’esprit es-tu suite à ces qualifications et comment envisages-tu la finale ?
Je vais analyser les notes des jurys pour essayer de corriger mes erreurs et m’améliorer. Je vais plus lier les mouvements et vraiment faire 30 secondes minimum pour avoir un maximum de mouvements connectés. Comparé à la première vidéo, on a plus de temps de préparation je trouve. Ça soulage, on est moins stressé. On peut s’organiser. Les votes m’ont aidé quand même. Je vais essayer pour la deuxième ligne de faire mieux : plus fluide, plus connecté, où il y a moins de course.
Il y a aussi Lilou qui est également qualifiée et qui habite à 15 minutes de chez moi. On va s’entraîner ensemble. Je vais également me rendre dans une salle pas loin de chez moi pour essayer de faire des mouvements plus difficiles, pour gagner en difficultés et en points.
La finale est programmée dans un mois et demi. Ensuite, il y aura trois jours de votes. Après, j’ai toujours dit : si je suis qualifiée, c’est déjà une victoire. Donc maintenant, j’essaye de faire de mon mieux.
Je vais aussi participer à la cinquième saison de Ninja Warrior. Le tournage est prévu le 17 septembre. Tout est un peu en même temps. Il faut que je me prépare à la fois pour ça et pour le E-FISE. C’est beaucoup de compétitions mais c’est avec plaisir et c’est du challenge, des bons défis !
 
Comment as-tu ressenti le soutien apporté par la fédération ?
L’appel qu’on a fait tous ensemble avec les autres athlètes, Djamel Loucif (CTN – développement des pratiques), Charles Perrière (Président CT FIG), Kevinn Rabaud (Directeur Technique National FFGym), ça m’a donné de la motivation. Nous sommes les premiers dans la discipline, des pionniers : ça fait plaisir d’être au début de cette aventure-là. Et quand on nous parle d’équipe de France et de J.O., ça fait toujours rêver. Je dirais que par rapport à Budapest où j’ai fait une compétition qui était aussi de la FIG mais où j’étais toute seule, là j’avais un peu plus de soutien. Après, à voir comment ça se passe par la suite : j’aimerais bien qu’il y ait des sessions d’entraînement avec tous les athlètes, un stage ou quelque chose dans un environnement adéquat pour nous entraîner et nous pousser un peu plus. Ou alors avoir un suivi au niveau des soins, etc. Dans l’ensemble, c’était agréable d’avoir un tel suivi.
 
As-tu des choses à ajouter ?
Je souhaiterais dire merci au club dans lequel je suis licenciée, Pakour 13. C’est un club à Marseille, une association qui m'accompagne depuis plusieurs années. Ils m’ont beaucoup aidé que ce soit dans la communication ou dans le soutien émotionnel, notamment par message. Merci aussi à MPO (Massilia Pakour officiel) qui est ma team de parkour. Ils m’ont beaucoup encouragé.  Bien sûr également merci à tout mon entourage et toutes les personnes qui m'ont encouragé dans cette épreuve.
Je remercie aussi la fédération pour le soutien derrière. On se sent un peu moins seul : cela fait plaisir de voir que les choses bougent un peu. Et savoir qu’on peut avoir plus tard un budget pour faire du parkour, pour participer à des événements et des compétitions, c’est une sacrée avancée. Il me semble que la France est le seul pays à compter deux qualifiées dans les huit, ça fait plaisir de représenter la France à l’international.